A travers les voiles du ciel

Pour les âmes en route vers la Lumière. Pour les âmes qui restent proches de leurs petites étoiles

Un drame collectif ne s’efface pas de la mémoire individuelle, il prend sa place,  celle que l’on veut bien lui accorder

Le drame individuel touche le cercle de sa communauté, et sans le savoir le collectif. Le drame collectif, touche toute la collectivité, chacun trouve le réconfort dans ce collectif, pour autant qu’il soit  bienveillant, dans l’Amour.

Les rêves ne s’effacent pas, ils se transforment avec le temps. Le drame collectif nourrit collectivement… plus de frontière, plus de politique, gauche-droite. Un élan collectif et solidaire, car chacun est touché dans son coeur et dans son Ame à Vie.

L’oiseau du matin chante, pourtant, la perte crée un trou béant d’indicibles souffrances dans le coeur. Aurai-je la force de m’épancher? Je me laisse bercer par des mains aimantes pour adoucir ma douleur. 

Je touche le néant, je meurs, plongée dans le vide, la noirceur. Plus rien d’autre ne m’habite.

Beaucoup de bienveillance autour de moi, et je dois remonter seule, une à une, les marches de ce puits si profond, pour émerger dans la lumière dont je ne perçois pas même un seul rayon, qui en ce moment tente de me caresser le coeur. Ce rayon qui permettrait un seul espoir.

Les oiseaux chantent…. me dit-on, et moi du fond de cet abîme je ne les entends pas. Tout au plus une confusion de sons provenant de l’extérieur mêlés à ceux de ma tête. 

Les morts et les survivants dans la même détresse, dans le même marasme, de la confusion partout. L’Amour du collectif est présent pour accompagner ces Ames. Que l’embrasement devienne un feu d’Amour et de chants sacrés.

Merci Christian Bobin, l’Ame de ta prose devient ma muse.

Comme un petit prince qui désire offrir une fleur à sa bien-aimée. La fleur se fane mais elle ne meurt jamais, elle porte en elle les semences du Futur.

Et…. les guerres s’en moquent, elles ont d’autres casques à faire tomber, d’autres gosses à tuer, d’autres familles à décimer, d’autres terres à conquérir. Conquérir? Ne vois-tu pas que le champs des batailles est surtout à l’intérieur. Tu peux sans autre tuer tes propres démons. Qui ne sont que des feux-follets déguisés en démons. A la fin des fins tout ce qui est en toi, est VIE, à toi, à nous de la nourrir.

Les âmes tournoient encore au-dessus du village, après le drame. Les hommages, le recueillement, la voix de Laurence Revey nous invitent à les remercier de leur passage sur terre et à s’élever pour prendre congé.  Il est temps pour vous de vous laisser porter par les ailes du ciel. 

Quelques Anges nous ont été repris brutalement, nous ne méritions pas leur insouciance. Ceux qui restent souffrant de douleurs et de tristesse abyssales  paye le lourd tribu de la folie du monde.

Quand tu reviendras parmi les humains, une maman trouvera peut-être une tâche étrange sur ta peau. Quelques fois quelques stigmates perdurent. Le bébé ne sait pas qu’il a une tache dans le dos, son Ame se souvient pourtant, aussi longtemps qu’il sera dans la fusion avec ses proches et le monde. Après il oubliera. Peut-être qu’il deviendra médecin, guérisseur ou pompier. 

Même si une mère, un père, un frère ou une soeur,  en auront envie, les morts ne souhaitent pas qu’on les suivent, ils ont quitté un nid et s’envolent vers les étoiles.

Le drame collectif échappe à l’entendement. Telles tours jumelles, tel tremblement de terre, le naufrage du Titanic, la famine persistante dans certaines régions du monde, les folies et exubérances d’un dictateur.

Le réel n’existe t’il pas davantage que lorsqu’il devient manque? 

Contempler toute chose en poésie, c’est frôler l’éternel. La Poésie touche le Ciel, et je ne le savais pas !

Pour toucher le ciel, il leur a fallu transpercer le plafond de leurs étincelles. 

Que révèlent les plafonds de la bêtise? Ne nous trompons pas de cible, nous sommes tous co-cré-acteurs.

Quelques enfants se sont sacrifiés pour révéler encore et encore les sottises de ce monde, et lorsqu’au petit matin leurs Ames flottent au-dessus du village, dans un monde entre les mondes, ils entendent des adultes leur jeter la pierre, à eux ou à leurs proches. Tant que je n’ai pas compris le fonctionnement et les codes de l’Univers, je me garde de tout jugement, ou de tout passer à travers les grilles d’une science si étroite qu’elle ne prend plus le temps de contempler les étoiles.

L’ange de la mort terrestre leur a tendu la main, Le drame collectif nous invite à tous réfléchir et à AIMER surtout.  Que fond ces âmes arrivées au ciel? Tout d’abord elles se toisent, puis parce qu’il  n’y a qu’une seule Vie, elles se tombent dans les bras.

Dans une guerre, les gens s’affrontent, ils suivent chacun scrupuleusement les ordres du dictateur, fou de pouvoir, d’argent et de canons. 

La peur au ventre, les larmes refoulées, me voilà enceinte d’une tragédie. La gestation est longues, la confusion s’installe. A quand la mise au monde, retour à la terre, pour vivre ta propre Vie. ? Ne lutte plus mon ami, accouche de cet enfant qui sera enfin libre dans le ciel. 

Qu’est-ce que la richesse d’une Vie? La beauté insolente du Mont Fuji qu’il a fallu rejoindre à force de “mille milles” kilomètres de chez moi, ses escales épuisantes ? La lumière du monde reflétée dans un seul flocon de neige devant ma maison ? 

Dans le regard scintillant de ton enfant, comme la goutte de rosée sur la feuille d’alchémille, brille déjà l’Avenir du monde. Il reflète tous les possibles, puis ….ce qu’on lui renvoie comme étant notre monde. Et dans son sourire? …..Le passé, le présent le futur nichés dans une même goutte d’eau fusse-t-elle larme.

Si tu connais l’adresse d’un rosier sans épine, ne me la donne pas, je sais déjà qu’il est faux

Christian Bobin.

L’Amour c’est le don et le cadeau. Je donne, je reçois telle une danse dans les volutes de la nuit claire. De loin on ne perçoit plus que la danse et la lune qui l’éclaire. Une danse en nous comme un trésor caché, dont intuitivement nous connaissons l’existence.

Tu peux danser avec une fleur, une fleuve, un arbre, c’est toujours la même danse de l’Amour. La mélodie change parfois. La communion comme une union.

Avec ton ami, ton ennemi tu danses, à cloche-pied parfois

La tempête, comme un Feu dans les branches, le vent a balayé ce qui ne tenait plus qu’à un fil. La végétation maintenant inerte, deviendra humus pour nos jardins, avant cela sa transformation deviendra feu à nouveau. Le compost est quasi en ébullition, les micro-organismes y oeuvrent jour et nuit et en hiver se repose.

Aime tout ce que tu rencontres, les joies, les casseroles, les gentils, les méchants, les sots. Fais de ta Vie un jardin enchanté, avec ses étincelles, ses peines, ses naissances, ses morts et ses renaissances aussi. La Vie éternelle quoi !

Aime tout et tu te sentiras vivant. La fleur fanée comme le froid piquant d’un matin d’hiver.

Des Anges nous ont été repris. Nous ne méritions pas leur insouciance. Ceux qui restent souffrant de douleurs et de tristesse  abyssales  payent le lourd tribu de la folie du monde.

Ce que j’appelle aimer, c’est remercier pour une force donnée. 

Un bruit de balançoire. Christian Bobin fait référence à Ryokan

Je cherche l’adresse d’un nuage, j’ai une lettre pour lui. Un bruit de balançoire. Christian Bobin.

Joëlle Marie

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